Guide pratique pour éviter les pièges d'une thérapie dangereuse et bien choisir son psy
 
Démunis face au choix du thérapeute qui va nous guider pour entamer un travail sur nous-mêmes, il n'est pas évident d' avoir les clés appropriées pour être éclairés devant la grande diversité de thérapies et savoir ce qui est bon pour nous. Nous n'avons pas, en tant que patient, de formation de thérapeute donc nous ne connaissons pas grand chose au milieu du développement personnel et de la thérapie. Bien sûr nous pouvons nous connecter à notre ressenti, à notre intuition et c'est même ce qu'il y a de mieux à faire. On se dit : « je verrai si j'ai un bon 'feeling' avec tel psychothérapeute». Et ce mot anglais désigne à la fois une sensation, un sentiment, et une émotion. Nous verrons dans ce chapitre que c'est bien à ce niveau de ressenti que se joue notre psychothérapie et la relation à notre thérapeute. Néanmoins, pour confirmer notre élan ou notre aversion envers telle ou telle personne, ou lorsque nous sommes perdus, dans le brouillard, et ne savons plus qui choisir, il est judicieux de se référer à quelques conseils très concrets qui valident notre première impression. Ce guide va vous permettre d'apprendre à faire le tri et aussi à déceler les signaux en vous qui donnent des informations pour discerner et trancher. Il est fondamental de bien choisir votre « psy »[1] car vous allez lui dévoiler votre intimité, lui donner votre confiance et c'est en fonction de la qualité de présence, de bienveillance et d'empathie de cette personne que vous vous sentirez soutenu. C'est aussi la méthode thérapeutique utilisée qui donnera des effets positifs, car il ne faut pas oublier que si vous dépensez autant d'argent, vous attendrez un résultat mesurable dans votre vie.
Beaucoup de personnes croient que travailler sur soi, comme l'indique le mot 'travail' qui vient de tripalium, 'instrument de torture' en latin, doit nécessairement comporter sa part de souffrance et de lourdeur. Mais il n'est pas nécessaire de se sentir encore plus mal que d'ordinaire quand on fait un travail sur soi. C'est une idée totalement fausse d'associer la thérapie avec un mal-être croissant. D'ailleurs les « mauvais psys » utilisent souvent cet argument pour justifier de l'inefficacité de leur thérapie. Il existe même des écoles qui forment des thérapeutes et qui se permettent d’enseigner qu’aller de plus en plus mal fait partie du processus de la thérapie, elles affirment que cela est normal. C’est très dangereux parce que le patient qui se fait encore plus « détruire » psychologiquement par sa thérapie se retrouve enfermé par l’argument de son thérapeute qui qualifie de « nécessaire » ce mal-être croissant. Autrement dit, un des repères clés pour choisir son « psy » est le suivant : « est-ce que je vais mieux en sortant de la séance ? ». Bien sûr, les souvenirs évoqués et ce qui est soulevé pendant une heure peuvent vous perturber, mais le thérapeute est là pour rétablir un équilibre et s'assurer que vous ne repartiez pas sens dessus dessous de son cabinet. Un bon thérapeute sait gérer les situations de souffrance et vous aidera à alléger votre fardeau à chaque séance. Je conseille de vérifier donc cette plus-value systématique lorsque vous quittez le cabinet. Il va de soi que chaque rendez-vous doit vous apporter quelque chose, ne serait-ce que parce que vous payez plutôt cher cette rencontre ! Rentrer chez soi bredouille accroît votre sentiment de frustration et ne peut pas vous soutenir psychologiquement. Malgré cette conception logique des choses, de nombreux patients se laissent convaincre qu'aller de mal en pis fait partie du soi-disant processus de la thérapie. Dans ce cas précis, nous avons affaire à un véritable business et pas à une sérieuse aide professionnelle. Et à ce tarif-là, vous êtes en droit d'être exigeant.

Premiers repères

Pour commencer, ces questions simples que nous développerons sont une porte d'entrée, un check up pour savoir comment vous vous sentez en sortant de la première séance :
  1. Me suis-je senti à l'aise pendant toute la première séance, sans vouloir cacher des choses sur moi, déformer la réalité, voire mentir, en raison d'un malaise, sur les sujets abordés ?
  2.  Ai-je trouvé réconfort et consolation dès cette première séance et suis-je plus optimiste en sortant ?
  3. Le thérapeute m'a-t-il suffisamment écouté ou ai-je encore des choses très importantes et urgentes à dire qui me restent sur le cœur en sortant de la première séance, parce qu’il ne m’aurait pas laissé parler jusqu’au bout ? Autrement dit, m-a-t-on laissé le temps de parole suffisant pour exposer tout ce que je comptais dire ce jour-là ?
  4. Quel effet me fait le regard de ce thérapeute posé sur moi ? (Il s'agit du regard physique, mais aussi symbolique). Me suis-je senti jugé, évalué ou entendu ?
  5. Ai-je retiré un bienfait psychique, quel qu'il soit, dès cette première séance ?
  6. Ai-je envie de revoir cette personne (par plaisir ou curiosité) ?
  7. Oserai-je confier mes plus intimes secrets à cette personne et m'inspire-t-elle confiance ?
  8. Suis-je dévalorisé par ce thérapeute qui m’a mis plus bas que terre ou est-ce que je retrouve de l’estime pour moi et de la confiance en sortant de la séance ?
  Il est aussi important de savoir faire la différence entre psychanalyste, psychiatre, psychologue, psychopraticien et psychothérapeute.
 Seul le psychiatre est médecin et peut prendre la carte vitale pour que vous soyez remboursé, mais il n'est pas forcément psychothérapeute et ne propose donc pas toujours une thérapie. Il prescrit souvent en premier lieu des médicaments et peut, si nécessaire, vous proposer le cadre de l’hôpital psychiatrique. Le psychologue a lui aussi un diplôme universitaire, comme le psychiatre, mais de la faculté de lettres, alors que le psychanalyste s'auto-proclame psychanalyste lorsqu'il s'y sent prêt et peut être reconnu par ses pairs. Le psychothérapeute a un titre professionnel délivré par l'ARS après un stage pratique et plusieurs centaines d'heures de formation en psychopathologie. Seul le psychopraticien n'a pas le titre de l'ARS ni aucun diplôme d'état obligatoire (comme le psychanalyste) mais il a éventuellement suivi une ou plusieurs formations de thérapeute qui ont délivré un certificat ou diplôme d'établissement. Cette formation a eu lieu dans une école privée payante et a pu durer quelques heures seulement ou quelques années, sous la forme de modules en général.
Il y a surtout des différences dans la pratique et la théorie entre ces professions.

Il est souvent très utile pour le patient que son 'psy' parle dès les premières séances et se positionne clairement sur les différents sujets évoqués. Car il sera très désagréable et décevant de découvrir à la quinzième séance ou pire, trois ans plus tard, qui est notre thérapeute et quelle est sa compréhension des choses, du psychisme et de la vie. Il ne faut pas oublier que ce 'psy' est un être humain comme les autres, avec ses conditionnements, ses désirs et ses peurs, sa vision du monde, sa plus ou moins grande tolérance face à l'autre et à sa différence. Si le psy ne dit absolument rien, il est compliqué pour le patient de savoir à qui il a affaire. Et il arrive que nous fassions une thérapie avec un thérapeute dont la conception de l'être humain et de la société est si diamétralement à l'opposé de la nôtre qu'après des années de divan ou de psychothérapie nous découvrions que nous ne pourrons jamais adhérer à son interprétation. C'est alors comme un mauvais mariage. Épouser quelqu'un sans le connaître, lui faire confiance et se rendre compte quatre ans plus tard que nous n'avons rien en commun est du même ordre.
 Donc le client est en droit de demander à son psychothérapeute ou psychologue de répondre à ses interrogations, d'avoir une certaine répartie et d'être actif dans le dialogue plutôt que de se contenter de poser des questions. Ce positionnement clair dès la première séance fait gagner beaucoup de temps pour la thérapie et permet aux patients de ne pas faire fausse route. Bien informés, ceux-ci poseront alors fermement leurs demandes, avec une grande limpidité.
  Parfois, un certain courage est requis pour affronter un rendez-vous avec un psychothérapeute, psychanalyste, ou psychologue que nous ne connaissons pas. Nombreux sont ceux qui vont de déceptions en mauvaises surprises.
 Le pouvoir que nous donnons au thérapeute nous rend vulnérables, c'est pourquoi il s'agit d'avoir le plus grand discernement possible pour couper court à ce qui n'est pas acceptable. En nous protégeant et en ayant des balises sur notre chemin d'évolution, nous saurons à la fois nous défendre et faire le meilleur choix pour entamer un travail sur nous-mêmes.
Un tour d'horizon des différents courants psychothérapeutiques et psychanalytiques vous aidera à faire le tri entre telle ou telle technique et à choisir en conscience l'orientation que vous souhaitez donner au travail que vous ferez sur vous-même.

Penchons-nous sur les quelques exemples qui garantissent l'urgence pour chacun d'avoir une grille de lecture intelligente qui passe au peigne fin les remarques des psys. Il s'agira ensuite de vous proposer la liste de repères pratiques pour prendre la décision d'aller voir ce thérapeute ci plutôt qu'un autre.
  Les abus de pouvoir des thérapeutes
  « Vous êtes insomniaque, dépressive, vous avez un problème d'éducation et vous devriez consulter un psychiatre pour qu'il vous diagnostique étant donné qu'il y a des schizophrènes dans votre famille » s'entend dire Émilie chez une psychologue comportementaliste qu'elle va voir pour être aidée dans la phobie de l'école que développe son enfant. Mais où est la bienveillance ? Cette thérapeute a-t-elle pris le temps de connaître sa patiente ? Dire des choses aussi indélicates dès la première séance, sans se préoccuper de l'état de la patiente après la rencontre, est-ce une posture juste de psychologue ? On est en droit de se demander s'il y a de la considération pour l'autre chez ce thérapeute.
  Ludivine, 45 ans, annonce à une psychologue EMDR de Carcassonne qu'elle est psychothérapeute elle-même, et qu'elle voudrait faire seulement quelques séance pour se débarrasser de certaines pensées négatives récurrentes. Après lui avoir demandé si elle faisait exprès de « se triturer l'esprit avec ces idées » (quelle drôle de façon de poser les choses : si on vient pour une obsession, on ne fait pas exprès d'être hanté par certaines pensées), la psychologue lui dit qu'elle est une perverse narcissique puisqu'elle a annulé la deuxième séance sans lui demander son avis. Encore une fois, cette psychologue ne connaît pas sa patiente, il s'agit de la deuxième séance, elle pose un regard très dur sur elle et lui fait raconter des souvenirs désagréables de son enfance que Ludivine n'avait pas envie d'explorer - cela se nomme du viol psychique de la part de la psychologue EMDR. En outre Ludivine avait annoncé à cette psychologue de Carcassonne qu’elle allaitait encore son bébé et qu’elle se sentait vulnérable peu de temps après le traumatisme de l’accouchement.
 Lorsque Ludivine explique qu'elle aimerait être plus détendue à la maison et moins sur le dos de son mari, la psychologue ponctue : « le pauvre, vraiment ! Vous vous rendez compte du mal que vous lui faites ! » Et elle continue ainsi pendant une heure à broyer le psychisme de Ludivine. Serait-ce de la rivalité parce que la cliente est elle-même thérapeute et risque de faire elle aussi une formation EMDR prochainement, ce qui la mettrait en concurrence avec cette dangereuse psychologue ? Complètement abasourdie, Ludivine retourne s'occuper de ses enfants dans un état épouvantable.
 Les soins provenant d'autres thérapeutes bienveillants, de son mari et de ses amis lui permettent de remonter la pente. En sortant de la séance, elle était en état de choc. La psychologue EMDR de Carcassonne (Aude) poursuivra sa carrière sans ennui puisque son mari est médecin et lui envoie sa patientèle !
  La même sidération s'empare de Jean devant son thérapeute qui dégaine un sabre en criant : « ça, c'est de la violence ! », soit disant pour lui expliquer ce qui est de la violence et ce qui n'en est pas. Seulement Jean se sent physiquement agressé. Car il ne s'agit pas que de mots destructeurs, il y a aussi les passages à l'acte, comme l'acte sexuel ou la brutalité physique.
  Une patiente montpelliéraine se plaint d'attouchements lors de sa thérapie par un professionnel qui est formateur dans une école psycho-corporelle, superviseur et thérapeute reconnu et recommandé par le 'réseau' de son école...
 « Il faut distinguer le psy qui est un chasseur, qui fait du mal toute la journée à ses clients, et les erreurs de thérapie parce que le psychothérapeute essaie des pistes et tâtonne en étant parfois 'à côté de la réalité'. Lorsqu'il y a passage à l'acte, on peut alors parler d'abus de pouvoir et de dérapage grave » explique Florent Dechoz, psychopraticien spécialiste de l'interprétation jungienne des rêves. « Est-ce que le psy m'infantilise ou est-ce qu'il me regarde comme un adulte en chemin ? Il ne faut pas oublier que le patient cherche le parent parfait dans la personne du « psy », et lorsqu'on donne son pouvoir à l'autre, on est susceptible d'être abusé. Si le thérapeute n'est pas très centré, cela peut venir interroger mon espace d'adulte pour que je me positionne fermement et c'est du matériau positif pour faire avancer la thérapie... » poursuit-il.
 Tous les degrés existent entre « les violents » et « les doux », et c'est à nous de dire « stop » quand l'attitude du psychothérapeute n'est plus acceptable, c'est pourquoi il s'agit d'avoir des repères quand on consulte et non pas de s'en remettre entièrement à l'autre.
 « Il est important d'alerter sur les dangers des pervers que l'on trouve aussi bien dans les stages de développement personnel, chez les formateurs que chez les psychologues, psychiatres, psychanalystes... Dans de telles circonstances, les traumatismes des patients sont difficiles à soigner tant l'impact de l'agression est important lorsque une personne se met à nu psychiquement devant un thérapeute qui commet un abus de pouvoir » commente Amélie, 48 ans, hypnothérapeute et magnétiseur dans le sud de la France. Pensez par exemple à Sophie qui, après des années de psychanalyse et de transfert positif doit encaisser cette phrase : « votre père s'est suicidé, vous serez bien entendu suicidaire vous aussi ». Il y a dix ans, je recueillais le témoignage de Françoise, psychothérapeute gestaltiste dont la réputation était excellente (elle a cessé aujourd'hui d'exercer) : « cela est aussi dû au transfert du patient sur son thérapeute car lorsque le transfert est positif et fort, le patient est alors extrêmement vulnérable psychologiquement, d'où l'ampleur des dégâts. » Si le psychothérapeute gère mal son contre-transfert et s'en prend à son client au lieu de l'accueillir dans sa crise, le dérapage a de terribles conséquences sur la santé mentale... Les fautes professionnelles sont très nombreuses dans la profession et doivent être mises au jour afin de donner la force aux clients de se positionner efficacement face à ces distorsions. « Le seul moyen de prévenir ces abus est d'informer au maximum sur les pratiques acceptables et celles qui ne le sont pas. En effet, il est effrayant de constater à quel point la plupart des gens manque d'éléments pour juger d'une situation nuisible avec un thérapeute qui a tendance à exercer une pression, voire une torture psychologique. Dans mon cabinet, j'ai pu récolter de très nombreux témoignages, ainsi que dans mon entourage et ma vie personnelle » témoigne Sabrina, coach de vie.
  Lors de cette enquête, le nombre d'anecdotes collectées est considérable, et la thèse du « thérapeute dangereux à éviter intelligemment » ne manque pas de fournir des arguments pour la publication de ce chapitre afin de livrer au grand public des balises utiles pour ne pas se faire mal en travaillant sur soi.
 
Élaboration sur les rêves, psychogénéalogie, lecture des maladies : les 'psys' collent parfois des interprétations dont il vaut mieux se dégager au plus vite pour ne pas se noyer dans un marasme qui bouleverse les repères identitaires.
 Quand Samia, la trentaine, a un doute sur l'histoire de sa famille et s'entend dire par une psychogénéalogiste de Narbonne : « mais si je t’assure, ton arrière-grand-père était pauvre et ton arrière-grand-mère riche, ça colle avec le matriarcat transgénérationnel dans ton cas ! », elle est perplexe, puis vérifie ces données et réalise que c'est le contraire... C'est bien l'arrière-grand-mère qui était pauvre et que la famille de l’arrière-grand-père refusait qu'il épouse. « Mais la psy a insisté » explique-t-elle « parce que cela confortait son argumentation pour me coller une étiquette qui expliquait tout, soi-disant » s'insurge-t-elle enfin. Pourquoi tant de certitudes de la part d'une thérapeute qui fait régulièrement des conférences pour augmenter sa clientèle à Narbonne ? Et qu'y a-t-il donc derrière ce besoin de trouver un sens à tout, même lorsqu'on dispose de peu d'éléments sur la question, si ce n'est l'incompétence ou le manque d'outils thérapeutiques adéquats ?
 Le manque de tact, l'absence d'empathie, frappent aussi Justine au téléphone, atterrée d'entendre son psychologue lui dire : « avec votre pathologie, ce n’est pas étonnant », alors qu'il n'a jamais été question d'une pathologie à son sujet avant.
 Lorsque Christiane veut arrêter son analyse au bout de quatre séances parce qu'elle a déjà de bons résultats par rapport au motif de la consultation, le psychanalyste ne veut pas la laisser partir et sur un ton doctoral se permet ceci : « De quoi faites-vous l'économie ? ». Patrick, 61 ans, ancien infirmier psychiatrique a accompagné cette personne et commente : « c'est destructeur, cela ne laisse aucune chance à l'autre ». Oui, l'analysant est infantilisé et n'a pas le droit de valider ses progrès ni d'user de son libre-arbitre pour faire des choix adultes, en toute autonomie. Dans ce cas, on voit que le psychanalyste n'est plus celui qui est « supposé savoir » (Jacques Lacan), mais se positionne comme celui qui sait mieux que vous !
 Comment sortir de cette spirale où le thérapeute ne nous voit pas mais nous invente ? Je parle des ces professionnels qui décident de ce que nous avons vécu ou pas, qui créent de toute pièce les rapports de cause à effet au sujet de nos maux divers. C'est un abus psychique quand on sait que la personne en thérapie vit probablement un transfert assez significatif et a donc tendance à croire son thérapeute, qui peut tout aussi bien être son ostéopathe ou son acupuncteur - car le terme « thérapeute » peut être pris au sens large... Anne C s'entend d'ailleurs dire de son ostéopathe qu'elle n'est pas une femme, pas une mère et pas une thérapeute. Ancien champion de rugby, l’ostéopathe aurait dû continuer à jouer au ballon !
  Tout d'abord, reprenons notre pouvoir. Ne le laissons pas entre les mains d'un professionnel, aussi renommé soit-il. Rappelons-nous que trop nombreux sont les thérapeutes qui ont choisi ce métier parce qu'ils aiment avoir le pouvoir sur l'autre ! L'interprétation sauvage est aussi irrespectueuse et dénuée de bienveillance qu'un autre abus de pouvoir. Pour qu'une interprétation soit efficace dans le cadre d'une thérapie, il faut d'une part qu'elle soit présentée comme une hypothèse de façon non dogmatique, et d'autre part qu'elle soit validée par la personne qui la reçoit. Cette proposition est faite grâce à l'intellect et à l'intuition du thérapeute qui se doit d'engager la conversation avec son client sur le mode de l'invitation à réfléchir.
 Les thérapeutes ont tous entendu beaucoup d'histoires de ce genre dans leur cabinet ou en ont eux-mêmes vécus en tant que patients... Mais beaucoup d'entre eux refusent de témoigner pour ce chapitre. « Je n'ai pas le temps » ou autre prétexte permet de ne pas s'exposer en alertant sur les confrères et consœurs. Le nom de famille des thérapeutes qui témoignent n'est pas toujours cité ici, tant le malaise est évident à ce sujet. Mais l'heure est grave : il faut oser parler ! Il y a beaucoup trop de cas très alarmants et ne rien dire n'est pas une solution.
Enfin, en tant que psychothérapeutes, gardons à l'esprit que l'on peut proposer une interprétation mais que si le patient ne la valide pas, il est inutile et inconcevable d'insister ! C'est à la fois respect, bienveillance et humilité. Et sans bienveillance, pas de thérapeute.

Bien connaître son thérapeute et l'école qui l'a formé

Il existe tant de stages, de formations et de thérapeutes plus ou moins formés et qualifiés, expérimentés, rigoureux et soucieux de l'éthique, que la plus grande précaution ne sera jamais futile.
 Je propose des points à vérifier avant de s'engager en thérapie :
  •  Quelle est la formation de mon thérapeute, le courant psychothérapeutique auquel il appartient ? Comment se renseigner sur son école ? Renseignez-vous.
  •  Comment choisir la méthode thérapeutique qui correspond aux problèmes que vous avez à régler ? Apprenez à mettre en adéquation vos difficultés et la méthode thérapeutique.
  •  Comment « tester » son thérapeute dès la première séance pour ne pas se lancer dans une mauvaise aventure.
  •  Vous êtes thérapeute ? Qu'est-ce que la totale bienveillance ?
 On répertorie dans le monde des centaines d'écoles pour former les thérapeutes : Méthode Peat, Gestalt, hypnose (et les différentes formes d'hypnose), EMDR, psychologie biodynamique, psychologie (universitaire) clinique, kinésiologie, radiesthésie, TIPI, médecines quantiques, psychogénéalogie, EFT, thérapie systémique, psychanalyse jungienne, freudienne, lacanienne, et bien d'autres encore...
Chaque mouvement thérapeutique a son histoire et ses particularités et comme il n'existe peut-être pas de courant qui réponde à tous les malaises psychologiques, il est bon de savoir naviguer dans cet océan de possibilités en étant bien équipés. Nos bagages culturels représentent une vraie boussole, mais aussi notre ressenti, la prise en compte de nos intuitions et l’écoute de soi. Dans le cas où vous envisageriez de choisir un thérapeute qui n'a pas suivi l'une des formations que vous connaissez déjà, voici des repères, encore une fois, pour évaluer au mieux l'adéquation entre la méthode proposée et votre situation de vie.

En voici quelques exemples :
 Si vous êtes en état de choc ou si vous désirez effacer un traumatisme, l'EMDR, la méthode PEAT, les biophatons, l'EFT et l'hypnose seront d'un grand secours.
 Mais s'il s'agit de difficultés familiales, une thérapie de couple ou systémique sera plus appropriées.
 Si votre souffrance est plutôt liée à des difficultés professionnelles, le besoin de retrouver un emploi ou de trouver votre voie, un coach en orientation, accompagnement et reconversion professionnelles pourra vous aider bien mieux qu'un thérapeute qui n'a pas la connaissance du monde du travail dans son ensemble.
 Dans le cas d'une relation qui se termine (perte d'un bien-aimé par exemple) alors que pour vous l'histoire n'était pas bouclée, vous offrir une thérapie gestaltiste serait un bon investissement.
 Après les premières séances chez un psy, nous vous invitons à vous poser aussi ces questions :
  •  Est-ce que votre « psy » s'exprime clairement et est-ce que vous comprenez tout ce qu'il dit ? Cette question peut paraître étrange et superflue, et pourtant... Il y a encore beaucoup de thérapeutes qui emploie le jargon de leur école et de leur formation de thérapeute et ne savent pas communiquer clairement, c'est-à-dire se mettre à la portée du grand public pour traduire de façon simple ce qu'ils ont appris et compris. Il y a aussi les thérapeutes qui ne sont tout simplement pas capables d’être clairs, parce qu’ils sont eux-mêmes perdus dans leur vie et vis-à-vis de leur intimité. Ces derniers brouillent les pistes lorsqu’ils s’adressent à vous…Malheureusement ces thérapeutes qui n'ont pas les idées très claires sur bien des sujets rappellent la phrase de Boileau, « qui conçoit bien s'exprime clairement ». Or, si celui qui vous aide n'a pas les repères essentiels pour interpréter les situations que vous traversez, il ne pourra guère évoquer ces sujets avec limpidité. Nous avons rencontré dans notre parcours plusieurs cas de ce type. Il vaut mieux ne pas perdre votre temps et votre argent avec un thérapeute qui ne peut rien vous apporter car vous ne le comprenez pas !
  •  Votre « psy » stimule-t-il chez vous, directement ou indirectement, les valeurs ou émotions positives telles que : l'espoir, la foi, la créativité, l'optimisme, la gratitude, la joie, l'humour, le recul, le recueillement... Et vous pouvez compléter cette liste avec ce qui compte pour vous. Ou bien vous sentez-vous dépité et anxieux lorsque vous sortez de séance ?
  •  Votre « psy » essaie-t-il de vous déculpabiliser ou de vous culpabiliser ? Tirez-en vous- même les conclusions...
 Lorsque vous êtes enfermé dans une façon de voir qui vous fait du mal, votre « psy » vous ouvre-t-il un champ de perception et de compréhension qui modifie votre point de vue en mettant fin à vos croyances limitantes et à vos pensées auto-destructrices ? D'une certaine manière, apporte-t-il un regard neuf sur votre vie et auquel vous pouvez adhérer pour votre plus grand bien ? Ce point pourrait être longuement développé parce qu’il existe pléthore de thérapeutes qui ne se positionnent pas et ne mettent pas fin ainsi à votre activité mentale nocive.
Enfin, avez-vous la liberté de ressentir, de penser, de comprendre, d’expérimenter comme vous le souhaitez pendant la séance et entre les séances, ou vous impose-t-on, par le mécanisme de projection, une manière d'être et de penser ? Cette liberté qui s'appuie sur votre libre-libre a une très grande importance car il ne s'agit pas de payer quelqu'un de tyrannique qui vous oblige à voir, penser et ressentir comme lui. L'ego du thérapeute ne doit pas être une priorité dans le travail que vous faites. Car c'est vous qui êtes au cœur de la thérapie, pas votre « psy »!

La formation de thérapeute à distance

Penser à vérifier quelle formation a votre thérapeute est bien entendu une bonne chose, mais ce n'est pas suffisant, une bonne formation ne garantit pas un bon thérapeute ! Une formation de thérapeute ne transforme pas le futur thérapeute en personne bienveillante et respectueuse. Une formation de thérapeute ne crédite pas toujours les personnes altruistes, créatives et intelligentes, elle peut tout à fait donner un certificat ou un diplôme d'établissement à une personnalité perverse et rejeter tout simplement des stagiaires qui sont pourtant de très belles personnes !!! J'ai pu le constater à de très nombreuses reprises lors de mon propre parcours de formation de thérapeute en présentiel. Donc écouter vos ressentis reste la meilleure chose à faire. Car une formation de thérapeute efficace et reconnue, d'après mon expérience, valide parfois des élèves très manipulateurs et intrusifs et passe à côté d'individus lumineux et généreux. Une formation de thérapeute à distance permet à l'élève de travailler à son rythme, sans être perturbé par le groupe de stagiaires ni perdre de temps dans des histoires relationnelles qui peuvent potentiellement parasiter ses apprentissages. Une formation de thérapeute à distance, c'est-à-dire online plutôt qu'en présentiel, a l'avantage de valider des personnes dans leur formation de thérapeute, qui ne sont pas là pour briller ou écraser les autres dans un groupe de formation en présentiel, mais sont sincères et impliqués dans leur apprentissage autonome du métier de thérapeute. Les formations de thérapeute à distance sont parfois plus saines que les groupes que l'on trouve en développement personnel qui contiennent des personnalités comparables à des requins, comme on l'a vu dans cette enquête sur le métier de thérapeute. Les luttes de pouvoir, la course et la compétition (avec les autres apprentis thérapeutes) pour être reconnus par les formateurs et directeurs des formations de thérapie, ne sont pas présents dans les formations de thérapeute en ligne et à distance. Contrairement à ce que l'on croit, une formation de thérapeute à distance peut être d'excellente qualité, surtout si elle comporte des enregistrements audio et vidéos d'une formation de thérapeute en présentiel. Sans compter que le gain de temps et parfois d'argent, quand on se forme comme thérapeute en ligne, est considérable. Se former en restant chez soi permet des économies de transport mais parfois aussi d'hôtel ou de nuitées dans une autre ville que celle où on habite, et bien sûr des économies de temps, car on peut intégrer la formation à notre mode de vie, à notre planning serré et par exemple écouter la formation au casque pendant qu'on fait des activités quotidiennes de ménage ou des activités manuelles dans notre maison. Cela permet de mieux se concentrer sur l'écoute du cours si on a les mains occupées à des tâches simples et répétitives et/ou que l'on bouge physiquement. En effet les neurosciences prouvent que pour apprendre correctement il vaut mieux manipuler des objets avec ses mains et surtout être en mouvement. La formation de thérapeute à distance s'intègre ainsi parfaitement dans notre vie quotidienne et répond aux besoins réels du cerveau d'après les neurosciences. Alors un conseil issu directement des neurosciences : suivez cette formation de thérapeute à distance en ayant une activité répétitive simple qui implique que vous bougiez le corps ou au moins les mains, autrement dit en écossant des petits pois ou en tricotant !

Ce texte est un extrait augmenté d'un chapitre du livre Alternatives pour la guérison de la formatrice Aurélie Olivier.

[1] L’expression « psy » recouvre ici l’ensemble des professionnels suivants : psychiatres, psychopraticiens, psychothérapeutes, psychanalystes et psychologues.



FINANCEMENTS POSSIBLES (OPCO, Pôle Emploi)